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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 09:47
Dans un grenier de Blanot, une gravure de Ludovic Alleaume...

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Après avoir décrit l’envers du décor dans l’article « Blanot, écriture 1900 », intéressons-nous au contenu de ce cadre poussiéreux retrouvé dans un grenier de Blanot.

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LA GRAVURE DE LUDOVIC ALLEAUME

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Le cadre contient une gravure, de dimensions 15,5cm x 16cm, représentant une scène d’une extrême violence, intitulée « Saint ANDOCHE, Saint THYRSE, Saint FELIX, MARTYRS (Fête le 24 septembre) ».

En observant attentivement, on découvre la signature de Ludovic ALLEAUME, né le 24 mars 1859 à Angers - mort en 1941 à Paris, peintre et graveur français. Élève de l'École des beaux-arts d'Angers, puis de celle de Paris (ateliers d'Ernest Hébert et de Luc-Olivier Merson), Ludovic Alleaume fut d'abord et principalement un portraitiste. http://fr.cyclopaedia.net/wiki/Ludovic-Alleaume . Il est aussi l'auteur de quatre peintures murales à l'église Saint-Nicolas de Craon (l'Annonciation ; Apparition du Christ à Marie-Madeleine ; Saint-Nicolas apaisant les flots ; Saint-Nicolas faisant l'aumône) et a également réalisé le plafond de la Caisse d'épargne de Laval.

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POURQUOI UNE TELLE GRAVURE A BLANOT ?

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La BASILIQUE SAINT-ANDOCHE est l'un des éléments importants du patrimoine culturel et religieux de SAULIEU. Elle est dédiée à SAINT-ANDOCHE, SAINT-THYRSE et SAINT-FELIX, martyrisés à Saulieu pendant le IIème Siècle. Plusieurs églises de la région sont dédiées à ces martyrs, notamment celles de BLANOT, DIANCEY et MOLPHEY.

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UNE GRAVURE QUI NOUS INVITE A UN VOYAGE DANS LE TEMPS ET L’ESPACE

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Rendons-nous à SMYRNE, l’actuelle IZMIR en TURQUIE, l’une des sept Eglises de l’Apocalypse. POLYCARPE, né vers 69 ou 89 et mort brûlé vif vers 155 ou le 25 avril 166, était un disciple direct de l'apôtre et évangéliste JEAN (mort à Ephèse en 101). Premier évêque de Smyrne, Polycarpe décide d’envoyer en Gaule, en mission d’évangélisation, Bénigne et Andoche, prêtres ; Thyrse, diacre ; et Andéol, sous-diacre. Le Maître accompagne ses élèves jusqu’au rivage.

Les nouveaux apôtres débarquent à Marseille puis remontent la vallée du Rhône, vers la ville de Lyon. Ils y demeurent quelque temps auprès de Pothin (martyrisé en 177), issu comme eux de l’école de Smyrne.

Andéol descend le long du Rhône et évangélise Carpentras, puis le Dauphiné et Bergoïate (Bourg-Saint-Andéol) où il fut martyrisé en 208.

Bénigne, Andoche et Thyrse suivent le cours de la Saône et se dirigent vers Augustodunum (Autun). Ils y reçoivent l’hospitalité de Faustus (Fauste) et Augusta. Fauste est un noble citoyen de la ville, déjà chrétien, père de Symphorien qui sera lui aussi martyrisé en 178.

* La villa de Faustus s’élevait dans un hameau d’Autun, Saint-Pierre l’Estrier, en bordure de la route de Beaune. A cet emplacement, fut édifiée l’église Saint-Pierre, vendue plus tard comme bien national et utilisée comme ferme ; le site est maintenant classé monument historique. église saint-pierre l’estrier : un site classé monument historique

Après ce séjour à Autun, Bénigne se dirige vers Alise et Langres, puis à Dijon, où il sera martyrisé en 178.

Andoche et Thyrse se rendent à Saulieu, chez un ami de Fauste, Félix, riche négociant étranger, lui aussi originaire d’Orient. Dans la maison de Félix, se tiennent des réunions d’évangélisation. Le gouverneur de la province en a connaissance, et en informe l’Empereur Marc-Aurèle, qui se dirige à cette période d’Autun vers Auxerre et Sens.

Andoche, Thyrse et Félix sont arrêtés, interrogés par Marc-Aurèle, et finalement martyrisés.

« Les bienheureux martyrs furent d’abord battus de verges ; puis on les suspendit par les mains aux branches d’un ormeau, et l’on attacha à leurs pieds des roues chargées de pierres, pendant une journée. Détachés de l’ormeau, aux branches duquel on les avait suspendus, ils furent jetés dans une sombre et humide caverne où ils passèrent la nuit .../. On leur lia les pieds et ils furent jetés dans le bûcher. Mais le feu respecta leurs corps et leurs liens seuls furent brûlés .../. Frappés sur la tête et le cou avec d’énormes leviers et broyés à coups de pierres, le 24 septembre 178. »

Sur le site de la Bibliothèque Nationale, nous avons trouvé une autre estampe, datant de 1636, de Jacques CALLOT, représentant le martyr de Saint Andoche et Saint Thyrse, « Les Images des Saints, 24 septembre ».

Sources :

  • « Vie des Saints Andoche, Thyrse et Félix, Martyrs à Saulieu » par M. l’abbé Moreau, Curé de Saint-Léger-Vauban, avec la collaboration de M. l’abbé Personne, Curé de Molinot. - Imprimerie N-D des Anges à Autun - 1905.
  • « Les Images des Saints » [337-340], planche 85, estampe 339 - Estampe de Jacques Callot - 1636.
  • « Le Martyrologe romain... jusqu'à Clément X » p.306-307 - chez Antoine Molin - 1681.
  • « Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles ... » p.38 à 41 - Louis Sébastien Le Nain de Tillemont - 1701.
Les Images des Saints - planche 85 - estampe 339 - Estampe de Jacques CALLOT - 1636

Les Images des Saints - planche 85 - estampe 339 - Estampe de Jacques CALLOT - 1636

Vitraux de la chapelle St-François-de-Sales de Dijon (cliché de M. l'abbé Denizot, 1905). Si ces vitraux existent toujours, une photographie de bonne définition serait intéressante.

Vitraux de la chapelle St-François-de-Sales de Dijon (cliché de M. l'abbé Denizot, 1905). Si ces vitraux existent toujours, une photographie de bonne définition serait intéressante.

Cathédrale Saint-Bénigne de Dijon - Vitrail central de l'abside - Œuvre d'Édouard-Amédée Didron - rangée du bas, de gauche à droite : Saint Andoche, Saint Bénigne et Saint Thyrse.

Cathédrale Saint-Bénigne de Dijon - Vitrail central de l'abside - Œuvre d'Édouard-Amédée Didron - rangée du bas, de gauche à droite : Saint Andoche, Saint Bénigne et Saint Thyrse.

Vitraux de la Cathédrale de Dijon - Ecole apostolique de Smyrne - Départ et mission des saints: Bénigne, prêtre ; Andoche, prêtre ; Thyrse, diacre ; Andéol, sous-diacre (clichés de Rémy Georger, 1905). Si ces vitraux existent toujours, une photographie de bonne définition serait intéressante.

Vitraux de la Cathédrale de Dijon - Ecole apostolique de Smyrne - Départ et mission des saints: Bénigne, prêtre ; Andoche, prêtre ; Thyrse, diacre ; Andéol, sous-diacre (clichés de Rémy Georger, 1905). Si ces vitraux existent toujours, une photographie de bonne définition serait intéressante.

Le livre de M. l'abbé MOREAU - 1905

Le livre de M. l'abbé MOREAU - 1905

Le martyrologe romain .... jusqu'à Clément X - 1681

Le martyrologe romain .... jusqu'à Clément X - 1681

Le martyrologe romain .... jusqu'à Clément X - p.306-307

Le martyrologe romain .... jusqu'à Clément X - p.306-307

Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles - Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont - 1701
Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles - Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont - 1701
Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles - Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont - 1701

Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles - Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont - 1701

Vitrail de la Basilique Saint-Andoche à Saulieu : St Félix accueille St Andoche et St Thyrse.

Vitrail de la Basilique Saint-Andoche à Saulieu : St Félix accueille St Andoche et St Thyrse.

Tombeau de Saint Andoche restauré, désormais installé sous l'autel de la Basilique de Saulieu.

Tombeau de Saint Andoche restauré, désormais installé sous l'autel de la Basilique de Saulieu.

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Published by lesamisdelaplaine-blanot21
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