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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 12:04

Les anciens se souviennent encore de cette réflexion d’un habitué du café de Mme Billaud : « oh, à Blanot, on n’a pas trop souffert de la guerre 1939-45, à part ma sœur et la vache de la Marchaude ! » ; sa sœur, elle s’était plutôt mal conduite et on avait retrouvé dans ses tiroirs des tickets de rationnement non distribués ; quant à la vache de la Marchaude, faute de pré disponible, elle déambulait dans le bourg ou sur le paquis, et termina ainsi son existence….

Plus sérieusement, même si Blanot ne connut pas lors de la seconde guerre mondiale le carnage épouvantable de 1914-1918, rappelons : 39 noms de soldats « enfants de Blanot morts pour la patrie » gravés sur le monument aux morts de la commune, voir l'article "11 novembre : Journée du souvenir à Blanot (Côte d'Or)", ni le sort dramatique des villages martyrs du Morvan, voir ci-après, la commune ne fut pas totalement épargnée.

 

Auguste DUREUIL, mort pour la France

Monument aux morts de Blanot

Monument aux morts de Blanot

Le monument aux morts nous le rappelle, avec l’inscription : « 1939-1944  Auguste DUREUIL  Mort pour la France ».

L’information suivante figure sur le site de geneaki.com ( http://fr.geneawiki.com/index.php/80791_-_Vers-sur-Selles_-_Morts_aux_guerres ) :

Auguste Ernest DUREUIL

21 avril 1911
à Blanot (21)

5 juin 1940
à Vers-sur-Selles (80)

Au 29e R.I.  

Rappelons les circonstances de ce décès : la guerre 1939-1945 vient d’entrer dans une phase active. La bataille de la Somme fait rage : la 16e division d’infanterie (DI), constituée de 3 régiments d’infanterie (29e RI, 56e RI et 89e RI), forte de 18 000 hommes, va subir le choc du 14e panzerkorps du général allemand von Wietersheim, qui aligne les 9e et 10e panzerdivisions, la 13e division d’infanterie motorisée, la 9e division d’infanterie et le régiment motorisé Grossdeutschland, soit un total de 428 chars et 68 000 soldats. Au cours des journées du 3 au 6 juin 1940, ce sont 31 soldats du 29ème Régiment d’Infanterie, dont Auguste Ernest DUREUIL, qui perdent la vie à Vers-sur-Selles (Somme) au cours de la bataille de la Somme.

Un extrait de l’ouvrage « La bataille de France au jour le jour – mai-juin 1940 », de Dominique Lormier, retrace le déroulement de ces terribles journées.

Jean SCHELLNENBERGER, fusillé par les Allemands

Blanot (Côte d'Or) et la seconde guerre mondiale

Une plaque apposée sur le mur de l’ancienne école de Jonchères (suite au souhait exprimé par Mr Noël Gusberti, conseiller municipal) : « A la mémoire de Jean SCHELLNENBERGER né le 24 octobre 1922  fusillé par les Allemands le 7 mars 1942 ».

Citons des extraits de la notice biographique rédigée par Mr Claude Péquinot dans l’ouvrage « Des Morvandiaux – de l’Ombre à la Lumière », tome II, pages 294 à 297 :

Jean-Jacques Schellnenberger, plus communément appelé Jean, a vu le jour, comme l’indique la plaque commémorative sur la Maison d’Ecole, dans le hameau de Jonchères sur la commune de Blanot en Côte d’Or), où son père, Maurice, ancien élève de l’Ecole Normale de Dijon, et sa mère, Germaine Guyot, étaient instituteurs. Il est né le 24 octobre 1922. Son père décède alors qu’il est encore bébé, et sa mère ne pouvant le garder en exerçant son métier, le confie à une tante. En 1929, alors qu’il est âgé de six ans, sa mère se remarie et épouse Louis Coiffier, écrivain régionaliste, poète et également instituteur. Une fille, Colette, nait de cette union, et le petit Jean est adopté par le mari de sa mère. Il rejoint ses parents d’abord à Allerey, puis à Villy-en-Auxois où ils enseignent. […]

Le 7 juillet 1939, il a réussi le concours d’entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Dijon, où il poursuivra ses études avec la nouvelle promotion 39-42. […]

Jean Schellnenberger se lie d’amitié avec des camarades de promotion originaires comme lui de familles modestes fonctionnaires, instituteurs, gendarmes, postiers : René Fromenteau, René Laforge qui était d’Arnay-le-Duc, et Pierre Vieillard. […]

En 1941, Jean Schellnenberger et ses amis sont entrés dans les Jeunesses Communistes, et ont rejoint au printemps 1941 une organisation clandestine, le groupe de résistance « Maxime Gorki ». Leur action consistait à distribuer des tracts, des brochures, coller des affiches subversives, récupérer des armes… […]

Au début de 1942, plusieurs attentats ont été commis en Bourgogne contre des militaires allemands, à Montceau-les-Mines, Montchanin, Chalon-sur-Saône et Dijon. L’attentat de Dijon perpétré le 10 janvier contre le foyer du soldat allemand, place du Théâtre, n’a pas fait de victime, la bombe n’ayant pas explosé. Les Allemands mènent l’enquête avec le concours de la police française. Elle aboutit, on ne sait comment, aux quatre normaliens du groupe de résistance qui sont immédiatement arrêtés les uns après les autres, ainsi que Robert Creux, un jeune ouvrier ébéniste de leur âge, bien qu’ils n’aient participé ni directement, ni indirectement à l’attentat, ce qui fut prouvé par la suite. […]

Sans même un simulacre de jugement, ils sont livrés aux Allemands qui, sans les interroger, les « considèrent comme étant solidaires des coupables » et les condamnent à être fusillés « en représailles ». …/… Ils sont informés de la sentence le 7 mars à 15 heures ; l’exécution est fixée à 18 heures. …/… Ils sont fusillés au stand de tir de MOntmuzard, l’un après l’autre à dix minutes d’intervalle, Schellnenberger l’avant-dernier à 18 heures 29. Il n’avait pas 20 ans. Selon l’interprète allemand qui a assisté à l’exécution, ils étaient calmes, sans la moindre peur, ils ont crié « Vive la France » avant de succomber.

Plusieurs ouvrages font mémoire de cet épisode dramatique de la guerre 1939-1945 :

  • le recueil de poèmes de Louis Coiffier, publié en 1945 sous le titre « Notre cœur saignant…  à la mémoire des quatre  Normaliens fusillés par les allemands », hommage liminaire de M. André Lamalle, leur professeur.
  • l’ouvrage « Les 4 Normaliens de Dijon » édité en 1968 par l’Amicale des Anciens élèves et Elèves de l’Ecole Normale d’Instituteurs de DIJON et le Syndicat National des Instituteurs et Institutrices Publics, Section de la Côte d’Or, préface de Monsieur le Recteur Bouchard.
  • Une notice biographique consacrée à Jean Schellnenberger, martyr de la paix et de la liberté dans l’ouvrage « Des Morvandiaux – de l’Ombre à la Lumière », tome II, pages 294 à 297, par Claude Péquinot.
"Notre coeur saignant" de Louis Coiffier - Les 4 normaliens de Dijon
"Notre coeur saignant" de Louis Coiffier - Les 4 normaliens de Dijon

"Notre coeur saignant" de Louis Coiffier - Les 4 normaliens de Dijon

Avis paru dans 'Le Progès de Côte d'Or' le 9 mars 1942 - Lettre du Feldkommandant du 8 mars 1942
Avis paru dans 'Le Progès de Côte d'Or' le 9 mars 1942 - Lettre du Feldkommandant du 8 mars 1942

Avis paru dans 'Le Progès de Côte d'Or' le 9 mars 1942 - Lettre du Feldkommandant du 8 mars 1942

 

 

Participants aux Maquis du Morvan

Blanot (Côte d'Or) et la seconde guerre mondiale
Blanot (Côte d'Or) et la seconde guerre mondiale

Sur deux tombes du cimetière de Blanot, des plaques rappellent la participation aux maquis : Roger Laechler (Maquis Bernard), Robert Dureuil (Maquis Bayard).

 

 

Anciens Combattants et Prisonniers de Guerre

Blanot (Côte d'Or) et la seconde guerre mondiale

Plusieurs plaques rappellent aussi le souvenir des Anciens Combattants et Prisonniers de Guerre : Joseph Gabriel Collenot, Noël Gusberti, Roger Clémendot, Henri Carré, Louis Bourgeois..

Blanot (Côte d'Or) et la seconde guerre mondiale
Blanot (Côte d'Or) et la seconde guerre mondiale
Blanot (Côte d'Or) et la seconde guerre mondiale
Blanot (Côte d'Or) et la seconde guerre mondiale
Blanot (Côte d'Or) et la seconde guerre mondiale

 

LES VILLAGES MARTYRS DU MORVAN

D’autres villages du Morvan subirent un sort beaucoup plus douloureux : Les villages martyrs du Morvan :

Montsauche et Planchez : le 24 juin 1944, le maquis « Bernard » et des parachutistes anglais du Special Air Service opèrent une embuscade contre les troupes allemandes à La Verrerie. L’ennemi subit de lourdes pertes. Le lendemain,  25 juin 1944, en représailles, les Allemands incendient la ferme de la Verrerie et détruisent les villages de Montsauche et de Planchez. On dénombre un mort à Planchez, François Thibault et 182 sinistrés ; à Montsauche, un mort également, Jean-Alexis Emery et 302 sinistrés.

Dun-les-Places : pillé et incendié par les troupes allemandes qui ont fusillé 27 habitants les 26 et 27 juin 1944.

Montaron : 23 maquisards et otages exécutés le 10 juillet 1944.

Manlay : lors de la Seconde Guerre mondiale, des Allemands siègent à proximité des habitations, sur la montagne de Bard. « Ils étaient en poste d’observation et signalaient les passages d’avions ». En juillet 1944, la Résistance attaque leur fortin et fait prisonniers les Allemands. Les forces germaniques exigent une libération. Celle-ci est refusée et le 31 juillet 1944, le village de Manlay se retrouve bombardé en guise de représailles. Les dégâts sont considérables. Émile Burbaud, âgé de 23 ans, trouve la mort sur la place du hameau de Menin-Thiroux.

Une exposition organisée à Manlay en juillet 2014 a fait mémoire de ces tragiques évènements.

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Published by lesamisdelaplaine-blanot21
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