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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 08:47

Voilà maintenant 3 ans qu’une question reste sans réponse satisfaisante : pourquoi la route partant du centre de Jonchères, en direction de Liernais, porte t’elle la dénomination « rue Jean DIARD » ? On sait que le Conseil Municipal de Blanot a repris l’appellation donnée dans le « PLAN D’ALIGNEMENT DES RUES DE LA COMMUNE DE BLANOT » de 1846, mais qui était ce Jean DIARD, personnage suffisamment illustre pour qu’on donne son nom à une rue de la commune de BLANOT ?

Après de longues recherches, nous sommes aujourd’hui en mesure de répondre à 3 questions :

  1. Jean DIARD était-il un personnage illustre ?
  2. Pourquoi la route s’est-elle vue dénommée « rue Jean DIARD » ?
  3. Un ou plusieurs Jean DIARD ont-ils vécu à BLANOT ?

1.Jean DIARD, un personnage illustre ?

Une recherche sur internet parmi les personnalités d’envergure nationale : ministres, membres de l’assemblée constituante, tribuns de la révolution française, soldats de l’armée impériale, députés, sénateurs, … n’a donné aucun résultat.

Une recherche dans les ouvrages des historiens des 18ème et 19ème siècles : « Description Historique et Topographique du Duché du Morvan » tome VI - 1781, par l’abbé Claude Courtépée, « Le Morvand ou Essai géographique, topographique et historique de cette contrée » Tome 3, 2ème édition de 1867, par l’abbé Jacques-François Baudiau, « Notes sur Blanot » et « Anciens curés et vicaires de Blanot », par l’abbé Auguste-Albert Mazille, n’aboutit pas davantage.

Dans l’étude de Monsieur Gérard COTTIN, en novembre 2014, nulle trace d’un quelconque Jean DIARD parmi les nombreux maires et officiers publics, marchands, artisans, aubergistes, enseignants… recensés dans le document.

La réponse à la question est donc : NON… jusqu’à preuve du contraire !

2.Pourquoi la route s’est-elle vue dénommée « rue Jean DIARD » ?

Nous devons la réponse à la perspicacité de Monsieur Gérard COTTIN qui, début 2016, reprenait ses recherches dans les archives départementales de la Côte d’Or, en particulier sur le CADASTRE NAPOLEONIEN DE 1842. Il nous envoyait ce message : « j'ai découvert sur la feuille Section A3 du cadastre napoléonien de 1842 une double parcelle, n° 469 et 470 nommée "Corps Jean Diard" elle est bordée par le Chemin de Jonchères sur le grand côté et le Chemin de Blanot sur le petit, les deux autres côtés jouxtent "L'Ouche au clair" parcelles 457 et 458 et des parcelles bâties, 467 et 468.

Ainsi, le nom de la rue reprend tout simplement l’appellation du lieu-dit Corps Jean Diard qu’elle longe.

3.Un ou plusieurs Jean DIARD ont-ils vécu à BLANOT ?

A cette question, il convient d’apporter une réponse de Normand : OUI et NON.

NON, parce qu’on ne retrouve dans les documents accessibles sur le site internet des Archives Départementales de Côte d’Or qu’un seul Jean DIARD domicilié à Blanot, né le 19 décembre 1794 et décédé le même jour.

OUI, parce que derrière le patronyme DIARD, se trouvent aussi les noms GUIARD et GUYARD. Une bizarrerie que nous avons parfaitement identifiée concernant Toussaint GUIARD, fils d’Etienne GUIARD (ou GUYARD) et de Philiberte VALOIS, né le 12 février 1749 et décédé le 8 brumaire an IX (31 octobre 1800). Ce Toussaint GUIARD et son épouse Claudine VERNE déclarèrent de nombreuses naissances, d’abord à BLANOT : Nicolas GUIARD (12 juin 1789), Jacques GUIARD (4 juillet 1790), Philippe et Françoise GUYARD (12 juillet 1791), Jeanne GUIARD (20 juillet 1793), Jean DIARD (19 décembre 1794) ; puis à CONFORGIEN (hameau de SAINT-MARTIN DE LA MER) : Jean DIARD (2 vendémiaire an VI, 23 septembre 1797), Claudine DIARD (5 janvier 1800).

Comment expliquer cette déformation progressive ? L’explication la plus plausible est liée à la transmission orale : à la fin du 18ème siècle, une grande partie des habitants de la commune, laboureurs pour la plupart, n’ont pas beaucoup fréquenté l’école, et ne savent pas épeler leur nom ; jusqu’en 1794, c’est le curé de la paroisse qui enregistrait les naissances et baptêmes, mariages et décès, il connaissait bien ses paroissiens et remplissait son registre sans difficulté ; à partir de 1794, c’est un officier d’état civil, nouvellement nommé, qui doit établir les actes officiels ; il ne connait pas a priori l’orthographe des noms propres des citoyens et se fie donc à la prononciation des noms par les déclarants ; celle-ci peut être « rude », justifiant aisément la possible confusion entre GUYARD, GUIARD et DIARD !

Fort de cette explication, il restait à remonter l’arbre généalogique de ce Jean DIARD le plus loin possible pour y découvrir d’autres éventuels Jean DIARD, GUIARD ou GUYARD, nés à BLANOT. Cette recherche a permis d’en identifier pas moins de 5 en ligne directe :

Jean GUYARD, né en 1663 (fils d’Emilland GUYARD et d’Emillande LABBOT) ;

Jean GUIARD, né le 7 juin 1681 (fils d’Emilland GUYARD et d’Etiennette ROZIER) ;

Jean GUIARD, né le 18 mai 1692 (fils de Pierre GUYARD) ;

Jean GUIARD, né le 17 juin 1753 (fils d’Etienne GUIARD et de Philiberte VALOIS),

Jean DIARD, né le 19 décembre 1794 (fils de Toussaint GUIARD et de Claudine VERNE).

4.Trois réponses… mais une nouvelle question : quelle est l’origine et la signification du lieu-dit « Corps Jean DIARD » ?

Voilà une question que nous soumettons à la sagacité des lecteurs. N’hésitez pas à écrire à l’association  lesamisdelaplaine@gmail.com   pour communiquer toute information susceptible de faire progresser cette recherche !

Un document en format « pdf » relate en détail les recherches effectuées, il est téléchargeable et imprimable au-dessous de cet article.

L'énigme de la rue Jean Diard

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Published by lesamisdelaplaine-blanot21
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